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Hydrocarbures vénézuéliens : Washington continue son offensive contre Caracas et révoque la licence de Trinité-et-Tobago pour produire du gaz
information fournie par Boursorama avec Media Services 09/04/2025 à 10:19

Avec la révocation des licences, Donald Trump cherche à étrangler économiquement le Venezuela. Objectif : faire tomber le pouvoir de Nicolas Maduro dont Washington n'avait pas reconnu la réélection de 2024.

Donald Trump à Washington, aux États-Unis, le 8 avril 2025. ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / ANNA MONEYMAKER )

Donald Trump à Washington, aux États-Unis, le 8 avril 2025. ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / ANNA MONEYMAKER )

Dans le sillage des compagnies pétrolières, la licence permettant à Trinité-et-Tobago de développer le champ gazier Dragon en collaboration avec le Venezuela a été révoquée par les États-Unis, a annoncé mardi 8 avril le Premier ministre du pays caribéen.

"Nous avons été informés que notre licence de l'Ofac (agence dépendant du Trésor américain, Ndlr) du 18 décembre 2023 a été révoquée (...) peu de temps après les autres licences" données aux compagnies étrangères - Chevron, Repsol et Maurel & Prom notamment - d'opérer au Venezuela, a affirmé le Premier ministre de Trinité-et-Tobago, Stuart Young, lors d'une conférence de presse. "Je n'ai pas plus de détails à ce sujet (révocation). J'ai été en contact avec nos avocats à Washington", a-t-il ajouté, indiquant qu'il avait demandé une réunion avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio.

Le président des États-Unis Donald Trump est en train de mettre fin depuis février au système de permis qui permettait à des multinationales du pétrole et du gaz d'opérer au Venezuela, une soupape qui avait permis à Caracas de bénéficier de revenus importants et de réorganiser sa production malgré un embargo pétrolier américain depuis 2019.

Étrangler économiquement le Venezuela

Avec la révocation des licences de l'américain Chevron fin février et celles annoncées dimanche des autres compagnies comme l'espagnol Repsol et le français Maurel & Prom, Trump cherche à étrangler économiquement le Venezuela . Il promet aussi des taxes de 25% sur les produits de pays achetant du pétrole vénézuélien. Objectif : faire tomber le pouvoir de Nicolas Maduro dont Washington n'avait pas reconnu la réélection de 2024 entachée de fraude selon l'opposition.

Le pétrolier français Maurel & Prom avait indiqué fin mars dans un communiqué "avoir reçu une notification (...) du Département du Trésor des États-Unis, datée du 28 mars 2025", les informant "que la licence spécifique accordée en mai 2024 pour ses activités au Venezuela a été révoquée". Le groupe avait spécifié avoir obtenu "une licence de transition" l'autorisant "à effectuer les transactions nécessaires à la conclusion des opérations précédemment couvertes par la licence désormais révoquée", jusqu'au 27 mai.

Trinité-et-Tobago, deuxième producteur caribéen de gaz, avait signé des accords avec le Venezuela et les multinationales BP et Shell pour l'exploitation de gaz.

La société nationale énergétique trinidadienne NGC a signé l'année dernière avec le géant public vénézuélien PDVSA un contrat pour exploiter, avec la participation de BP, les champs de Cocuina-Manakin sur la Plateforme Deltana, zone dont les réserves sont estimées à un milliard de pieds-cubiques de gaz naturel .

En 2023, les deux pays ont signé un accord avec Shell pour la production et l'exportation de gaz du gisement Dragon, avec 120 millions de mètres cubes de gaz et situé au nord-est du Venezuela. Le champ gazier Dragon est situé dans les eaux vénézuéliennes au nord-est du Venezuela, près de la frontière maritime avec Trinité-et-Tobago, mais près de gisements trinidadiens exploités par Shell.

Fin mars, le Venezuela avait réagi à la première série de révocation. "Nous étions préparés à cette conjoncture et nous sommes prêts à continuer à honorer les contrats avec ces entreprises, dans le cadre de la constitution de la République et des lois vénézuéliennes", avait déclaré la vice-présidente du Venezuela Delcy Rodriguez, soutenant que "les entreprises internationales n'ont pas besoin de licence ni d'autorisation de la part de quelque gouvernement étranger".Toutefois, les entreprises qui enfreindraient l'embargo et les directives américaines se verraient sanctionnées par Washington.

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